Salle de Lorraine

Le « Waux-Hall » de Bruxelles, destiné à l’agrément de la population bruxelloise, devait s’inscrire dans le nouveau Parc de Bruxelles, conçu par Hector Guimard à la place des jardins de l’ancien palais ducal incendié en 1731. L’aménagement du Parc avait commencé en 1776 ; la construction du Waux-Hall, d’initiative privée, fut entamée en 1782 et confiée à l’architecte Louis Montoyer, un des meilleurs architectes européens de son temps (on lui doit nombre de bâtiments remarquables, dont les plus beaux aujourd’hui conservés sont à Vienne : l’Albertina, la Salle du Trône de la Hofburg et le Palais Razoumovski, mais n’oublions pas, à Bruxelles, l’église Saint-Jacques-sur-Coudenberg, une partie du palais royal de Laeken, l’hôtel du premier ministre au 16, rue de la Loi, ainsi que la charmante orangerie du château de Seneffe).

Outre le Théâtre dit du Parc et sept petits pavillons d’agrément, il s’agissait pour Montoyer de construire un grand café avec salles de restaurant attenantes. Lors de l’emménagement du Concert Noble en 1820, le café devint salle de bal, et l’on prit l’habitude de la dénommer Salle de Lorraine. Celle-ci, avec son éclairage naturel, son style Louis XVI très pur, ses pilastres corinthiens, ses proportions harmonieuses, est aujourd’hui un lieu de prédilection pour les manifestations du Cercle : conférences, concerts, cocktails s’y déroulent dans une atmosphère agréable. Quelques œuvres d’art s’y admirent, pour la plupart signées d’artistes dont la carrière illumina le Cercle Artistique et Littéraire, comme Charles Wauters, Cesare Dell’Acqua, Edouard Hamman, Gustave Wappers, Charles Samuel ou René Cliquet.